Morgane Denzler

Beyond Landcape

Exposition monographique de Morgane Denzler

Du 1er juin au 1er septembre 2019 a Centre d’art de Montrelais

« Ainsi va le marcheur : il est tout autant aux prises avec une géographie physique qu’avec une cartographie psychique. » 1

Pour réaliser ses œuvres, Morgane Denzler arpente les territoires urbains comme ruraux dans une
écoute fine de son environnement. Elle expérimente les multiples façons d’appréhender les espaces, de les
traverser et développe une vision à la fois subjective et critique des paysages qu’elle sillonne. Marcher, créer pourrait bien être, à l’instar de l’ouvrage du même nom de Thierry Davila, son leitmotiv. Et comme les mots de l’historien de l’art le précisent, le marcheur est à la fois connecté à la géographie qu’il parcourt (relief, massif, végétation, etc.) et à sa propre expérience du territoire. Rappelons ici que la cartographie n’a jamais cessé d’être une interprétation. De fait, la carte, supposément neutre et normée, n’en demeure pas moins subjective tant elle est rattachée à la perception de celui ou celle qui la réalise, n’offrant alors qu’une image tronquée et partiale de la réalité. «La carte n’est pas le territoire.»2, amorçait déjà Alfred Korzybski dans les années 1930. C’est avec ces codes que l’artiste joue, en nous donnant à voir des renversements de points de vue, des pliures du temps.
Le travail de photographies et d’installations de Morgane Denzler opère une relecture sensible des lieux
dans lesquels elle s’immerge, laissant apparaître l’attention que l’artiste porte aux humains et non humains qui constituent ces milieux. Opérant par fragmentations et juxtapositions, elle manipule, déconstruit et recompose les images, en volume ou à plat. Elle revisite ainsi la photographie de paysage en lui apportant une dimension protéiforme, capable de rendre compte de la multitude des nuances qui le compose. En déconstruisant le format et l’outil de la carte, elle entend aussi mettre à mal la vision d’un Occident qui le voudrait contrôlable. Chez Morgane Denzler, le paysage est multiple et changeant, déployé ou fragmentaire et ne présente jamais une réalité univoque.
L’ensemble des œuvres présentées dans l’exposition Beyond Landscape, sont toutes traversées par les
questions de représentations et de maîtrise du paysage. Elles font écho à des marches réalisées par l’artiste
dans les Alpes à son retour d’un séjour au Liban en 2010. Sensible au décalage qui s’était opéré dans
sa perception des espaces, l’artiste a ressenti le besoin de trouver une nouvelle justesse dans son rapport
au territoire, une autre manière de l’appréhender. Elle s’est alors isolée dans les Alpes où elle a arpenté les
montagnes dans l’idée de reconstruire son rapport à cet environnement. Les pièces qui en résultent oscillent entre une envie de se mettre à distance, laissant place à la visualisation des méthodes de rationalisation et de mesure (normes IGN, échelles, etc.), et une approche plus personnelle, où le corps se perd, engagé dans les méandres des chemins alpins.

 

1 DAVILA, Thierry, Marcher, créer : déplacements, flâneries, dérives dans l’art de la fin du XXe siècle, Éditions du Regard, Paris, 2002. p.22
2 La carte correspond à la représentation que l’on se fait du monde, et le territoire est le monde tel qu’il est réellement. Chaque personne possède sa propre vision du monde, celle-ci est donc différente d’un individu à l’autre. Il y a un seul territoire mais une infinité de carte : la carte n’est pas le territoire. Alfred Korzybski

Informations pratiques :

Centre d’art de Montrelais
19, bis place de l’abbaye
44370 Montrelais
0240980864
artmontrelais@free.fr

Du 1er au 30 juin : entrée libre le samedi et dimanche de 15h à 18h ou sur rendez-vous
Du 1er juillet au 1er septembre entrée libre du mercredi au dimanche de 15h à 18h ou sur rendez-vous

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