Thomas Moulin

Avant qu’elle ne revienne puis disparaisse

Exposition monographique

Du 10 février au 5 mai 2019 au Centre d’art de Montrelais

Vernissage le samedi 9 février à 18h30

 

 

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visuel : Thomas Moulin, Souvenir paysage n°2, maquette, dimensions variables, 2018.

La pratique artistique pluridisciplinaire de Thomas Moulin se développe à partir d’une observation fine de la faune et de la flore. Toutes ses œuvres s’inscrivent dans un contexte précis et se construisent à partir de l’analyse des composantes de celui-ci. À la manière d’un naturaliste, il scrute, analyse et documente l’environnement dans lequel il intervient. Ses observations proposent de remettre en question le rapport de l’Homme à son environnement. Il cherche ainsi à révéler cette tension établie, en s’appuyant sur les évènements de la nature, en jouant des rapports d’échelles et s’intéressant à leurs explications scientifiques.

Dès sa première visite au Centre d’art de Montrelais, Thomas Moulin a porté son attention sur un élément naturel majeur et significatif du biotope environnant : le sable. Cette matière constitutive du paysage des bords de Loire est aussi ancrée dans l’histoire de son territoire, tant sur le plan matériel que mémoriel. Historiquement, elle fût également l’objet de controverses sans cesse renouvelées sur le plan géopolitique, économique et environnemental. Enjeu majeur pour un territoire comme celui du
pays de Montrelais, dont la proximité et la relation à la Loire a forgé le passé et continue de traverser les activités contemporaines, le sable porte en lui toute une écologie dont la proposition artistique présentée se fait le témoin privilégié.

Au fil de sa résidence à l’EHPAD des Moncellières à Ingrandes-le-Fresne-sur-Loire, l’artiste a dérivé depuis cet élément et a recentré son étude sur les crues de la Loire. Évènements exceptionnels, tantôt dévastateurs, tantôt discrets agents de cohésion, les crues ont dessiné l’histoire personnelle et collective des habitant.e.s ligérien.ne.s. À la recherche de traces, de souvenirs et d’anecdotes, Thomas Moulin a échangé trois mois durant avec les résident.e.s de l’EHPAD, et les habitant.e.s des environs, tentant de donner une matérialité à ces mémoires agitées.

Le dispositif déployé au Centre d’art entend alors donner une voix à ces paroles multiples. Composée de micro-paysages semblables à des dioramas, l’exposition fait dialoguer ces différents décors avec les récits des habitant.e.s. Nouvelles interprétations de ces événements, les paysages présentés s’appuient sur des données géographiques, architecturales et naturelles de ces mouvements d’eaux. Le récit se dessine ainsi au fil des étages du Centre d’art, laissant apparaître une impression de flottement entre le
passé et le présent. Les souvenirs se succèdent et résonnent dans l’exposition, révélant avec poésie les quelques vestiges de ces imprévisibles péripéties.

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visuel : Thomas Moulin, Il y avait de l’eau jusqu’ici, capture vidéo, 2018.
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