Résidence Thomas Moulin

Résidence durant l’hiver 2018 de Thomas Moulin, initiée par le Centre d’art de Montrelais à l’EHPAD des Moncellières à Ingrandes-le-Fresne-sur-Loire.

Il a rencontré les résident.e.s de l’EHPAD des Moncellières afin qu’ils partagent avec lui leurs souvenirs liés aux crues de la Loire survenues par le passé à Montrelais et dans les environs. L’artiste a imaginé un dispositif interactif permettant à ses interlocuteurs de situer leurs souvenirs dans l’espace.

Suite à cette résidence, une exposition personnelle de Thomas Moulin aura lieu du 10 février et 05 mai 2019 au Centre d’art de Montrelais.

 

 

Au delà de la beauté sauvage de ses paysages, la Loire ruisselle de souvenirs heureux mais aussi quelques fois malheureux ancrés tant dans la mémoire collective qu’individuelle des ligériens. Alors très vite, il est apparu comme une nécessité dans mon processus de création de glaner et récolter quelques histoires personnelles et communes de Loire pour alimenter mes perspectives et autres volontés artistiques. De ce fait, j’ai ainsi proposé au Centre d’Art de Montrelais d’intervenir à l’EHPAD des Moncellières à Ingrandes – Le Fresnes sur Loire, en invitant les résidents qui le souhaiteraient à participer à la production d’une œuvre originale et contextuelle.

Dès la première séance, j’avais envisagé et suggéré aux volontaires une approche par la matière. En l’occurrence le sable, élément naturel majeur remarquable par ses formations longilignes. Puis également singulier pour son intérêt environnemental, agricole, paysager et bien sûr, économique malgré que son extraction en est désormais réglementée. Mais lors de la première séance aux Moncellières, les discussions avec les résidents autour de ce sable de Loire n’ont pu échapper à l’évocation des précédents événements naturels qui ont impacté le territoire ligérien : les fortes crues de ces dernières décennies. Alors les passionnants souvenirs des résidents ayant vécus ces différentes crues ligériennes se sont révélés être un socle commun d’échanges, devenant ainsi un point d’amorce fédérateur de cette résidence artistique. De toute évidence, très vite il est devenu nécessaire de contextualiser et d’associer des images à nos dialogues qui réciproquement solliciteraient et stimuleraient la mémoire de chacun.

Pour se faire, j’ai ainsi décidé de mettre en place un dispositif interactif qui nous permettrait de déambuler virtuellement dans les rues et villages habités par les personnes volontaires à témoigner. Par un procédé de rétro-projection sur une simple feuille de calque, il était proposé à chaque conteur d’intervenir spontanément sur l’image et de s’exprimer graphiquement à l’aide d’un crayon pour rendre visible son souvenir. Par exemple, d’y dessiner la ligne représentative de la hauteur de l’eau en la confrontant à l’architecture impactée par les crues. L’image est alors actualisée et modifiée par chacune des mains des conteurs. Certains habitants de Montrelais ont également accepté très généreusement de s’impliquer dans ce recueil d’archives témoignant du caractère imprévisible et surprenant de la Loire. Quelques uns ont quant à eux proposé d’associer des photographies et autres documents personnels présentant des paysages tout aussi désolants ou tragiques que sublime et poétique. L’ensemble de ces souvenirs tant anecdotiques qu’historiques des crues ligériennes apparaitront et résonneront sous la forme vidéo, lors de l’exposition programmée à l’issue de la résidence en Février prochain.

Thomas Moulin.

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